• La BRI affirme que crypto et DeFi représentent désormais un véritable risque pour la stabilité financière mondiale.
  • L’interconnexion croissante avec TradFi et les transferts de richesse appellent à une régulation renforcée et à davantage de recherche.

La Banque des règlements internationaux (BRI), surnommée la banque centrale des banques centrales, a publié un rapport. Dans ce dernier, il averti que les cryptomonnaies et la finance décentralisée (DeFi) pourraient bientôt menacer la stabilité financière mondiale.

Les précédents rapports estimaient ces actifs trop marginaux pour inquiéter le système financier. Mais, cette nouvelle analyse juge que le marché a « atteint une masse critique ». Bien que les liens directs avec la finance traditionnelle (TradFi) restent limités, l’essor des FNB Bitcoin, des stablecoins et de la tokenisation des actifs réels (RWA) comble peu à peu ce fossé.

Redistribution des richesses et risques de contagion

Un graphique marquant montre qu’en temps de crise, les petits investisseurs augmentent leur exposition aux crypto-actifs. Tandis que les plus riches se retirent. Cela suggère que les cryptomonnaies pourraient favoriser une redistribution des richesses des plus pauvres vers les plus riches.


Ulrich Bindseil, de la Banque centrale européenne, avance une analyse similaire. Il affirme que le Bitcoin profite surtout aux premiers investisseurs, souvent fortunés. La BRI identifie donc quatre canaux de transmission par lesquels crypto et DeFi pourraient affecter la stabilité financière :

  • exposition des entités TradFi aux crypto-actifs ;
  • effets de confiance ;
  • effets de richesse liés aux fluctuations de prix ;
  • Usage des cryptomonnaies dans les paiements et règlements.

Elle pointe aussi trois autres préoccupations :

  • l’usage croissant des contrats intelligents DeFi dans la finance traditionnelle ;
  • la cryptoïsation des économies émergentes ;
  • la nécessité de protéger les utilisateurs de la DeFi.

BRI, TradFi et DeFi : une interconnexion croissante avec la crypto

Deux grandes évolutions renforcent l’intégration de la DeFi dans la finance traditionnelle. L’approbation des FNB Bitcoin au comptant début 2024 facilite l’accès des investisseurs institutionnels aux crypto-marchés. En parallèle, la tokenisation des actifs réels pourrait intégrer des actifs plus classiques dans la DeFi.

Ainsi, des entreprises TradFi pourraient bientôt utiliser des échanges décentralisés (DEX). Elles favoriserait leur adoption dans la finance conventionnelle.

La BRI soutient donc une approche de « confinement », afin que les risques soient correctement évalués. Elle recommande d’imposer à la DeFi des exigences comparables à celles de TradFi :

  • conformité KYC,
  • transparence et
  • qualifications professionnelles.

De même, le rapport cite une consultation britannique envisageant un statut juridique pour les responsables de protocoles DeFi.

Enfin, la BRI appelle à approfondir la recherche sur les organisations autonomes décentralisées (OAD). Elle apple aussi à faire des recherches sur la tokenisation des RWA, la volatilité des stablecoins et les risques pour les économies émergentes.