- Le président Trump signe un décret établissant une réserve stratégique de bitcoins (SBR), financée par les BTC saisis dans le cadre de confiscations criminelles ou civiles, évitant ainsi les coûts directs pour le contribuable.
- Les analystes et les experts du secteur débattent des moyens permettant au gouvernement américain d’acquérir davantage de BTC sans augmenter les déficits, notamment en utilisant les excédents du Fonds de stabilisation des changes (ESF) et en réévaluant l’or.
Le Président Américain Donald Trump a signé un décret instaurant une réserve stratégique de bitcoins (Strategic Bitcoin Reserve – SBR), un programme inédit visant à détenir du BTC parmi les actifs du gouvernement fédéral. Selon ce décret, la réserve sera alimentée par des bitcoins déjà en possession du gouvernement, issus de confiscations civiles ou pénales, garantissant ainsi que ce nouveau programme n’aura pas recours directement aux fonds des contribuables.
Toutefois, la réaction initiale du marché a été loin d’être enthousiaste. Le prix du BTC a chuté de plus de 7 % après l’annonce que l’administration ne procéderait pas immédiatement à des achats massifs sur le marché libre. De nombreux traders avaient parié sur une accumulation rapide de bitcoins par les États-Unis, une hypothèse que ce décret vient pour l’instant invalider.
Néanmoins, une phrase du décret a particulièrement retenu l’attention des marchés :
« Les secrétaires au Trésor et au Commerce sont autorisés à élaborer des stratégies neutres sur le plan budgétaire pour acquérir des bitcoins supplémentaires, à condition que ces stratégies n’entraînent aucun coût supplémentaire pour les contribuables américains. »
Cette déclaration a alimenté les spéculations sur la signification réelle de l’expression « neutre sur le plan budgétaire ». Plusieurs figures influentes de l’écosystème Bitcoin ont proposé des stratégies permettant au gouvernement fédéral d’acquérir des milliards de dollars en BTC sans creuser le déficit ou nécessiter un nouveau financement du Congrès.
Bitcoin – Une stratégie à mille milliards de dollars ?
Parmi les voix les plus influentes figure David Bailey, un proche de l’équipe Trump et un acteur clé dans l’évolution du positionnement pro-Bitcoin du président. Dans un message publié sur X, Bailey a dressé une liste succincte mais percutante des sources de financement potentielles :
« 39 milliards $ d’excédent du FSE 160 milliards $ issus de la vente de DTS 800 milliards $ via la réévaluation des certificats d’or= 1T$ d’achats de Bitcoin ‘neutres sur le plan budgétaire’ »
Son message suggère que le Trésor pourrait mobiliser l’excédent «Exchange Stabilization Fund » ( ESF) et « Special Drawing Rights » (SDRs), tout en procédant à une réévaluation stratégique des certificats d’or. Ces ajustements comptables augmenteraient le capital exploitable du gouvernement sans nécessiter de nouveaux financements.
Les analystes du Bitcoin Policy Institute (BPI), dont le coprésident David Zell et le directeur exécutif Matthew Pines, estiment que l’option la plus immédiate repose sur l’ESF, qui détient actuellement un excédent estimé entre 39 et 40 milliards de dollars, accessible au Trésor sous certaines conditions.
Sur X, Zell a déclaré :
« Les États-Unis pourraient acheter immédiatement 39 milliards $ de Bitcoin en utilisant l’excédent du Fonds de stabilisation des changes. Cela serait neutre sur le plan budgétaire et ne nécessiterait pas d’approbation du Congrès. »
Une autre possibilité, selon Zell, serait une action législative : « Réévaluer l’or, conformément au projet de loi BITCOIN du sénateur Lummis. Si adopté, il permettrait au gouvernement fédéral d’acquérir 200 000 BTC par an sur cinq ans, sans impact budgétaire. »
Matthew Pines a ajouté :
« Il existe une base légale permettant au président d’acquérir du Bitcoin par décret, comme l’a proposé le BPI en novembre dernier, en utilisant l’ESF. Actuellement, ~40 milliards $ de surplus en USD y sont disponibles. Une législation reste cependant nécessaire pour officialiser toute décision exécutive. »
Une stratégie déjà en place ?
Le commentateur Bitcoin Bit Paine (@BitPaine) estime que l’administration a déjà un plan défini en coulisses :
« On n’autorise pas ‘les secrétaires au Trésor et au Commerce à développer des stratégies neutres sur le plan budgétaire pour acquérir du Bitcoin’, sans que ces stratégies aient déjà été débattues, validées et prêtes à être appliquées. »
Il met également en avant un élément intrigant : Howard Lutnick, secrétaire au Commerce, qui a publiquement affirmé posséder une importante quantité de BTC et diriger une entreprise détenant des parts significatives dans MicroStrategy (MSTR). Il conclut:
« Le secrétaire au Commerce, désigné par le président pour gérer un fonds souverain et autorisé à investir massivement en BTC, a été filmé affirmant qu’il possède ‘des centaines de millions en BTC – bientôt des milliards’ et que la plus grosse participation de son entreprise est MSTR. Et vous êtes baissier ? »
Bien que ce décret ouvre la voie à des achats de Bitcoin sans impact budgétaire, des analystes comme David Zell estiment que l’intervention du Congrès reste cruciale. Le député Nick Begich, fervent partisan du BTC, a d’ailleurs tweeté :
« Il est temps que l’Amérique devienne la première superpuissance du BITCOIN. Je prépare quelque chose de ₿ig avec la sénatrice Lummis. Restez à l’écoute pour mardi prochain.
Ce message fait référence à un événement privé organisé par le BPI le 11 mars, en partenariat avec la sénatrice Lummis, pour discuter du rôle stratégique de Bitcoin en tant qu’actif de réserve.
À l’heure de la publication, le BTC s’échangeait à 89 785 $.






